De la Méditerranée classique aux côtes bretonnes, des ports hollandais aux falaises normandes, de la lumière rasante du XVIIIe siècle aux vibrations pointillistes du XXe, cette exposition réunit des œuvres habitées par un même mystère : celui de la lumière sur l'eau.
Lacroix de Marseille, élève de Joseph Vernet, saisit avec une précision poétique les ports animés et les ciels lourds de sel, témoins fidèles de la vie maritime de son siècle. Edouard Hildebrandt, grand voyageur romantique, promène son regard de l'Atlantique aux mers du Nord, capturant l'immensité des horizons avec une intensité dramatique. Iwill — Marie Joseph Clavel de son vrai nom — livre quant à lui des vues de Dordrecht et des estuaires flamands d'une lumière douce et suspendue, héritière de la grande tradition hollandaise. Auguste Bachelin, peintre suisse aux paysages alpins, invite l'œil vers les hauteurs : ses lacs de montagne et ses ciels de granit rappellent que la lumière sur l'eau n'est pas l'apanage de la mer seule.
Pierre Outin, lui, ancre son œuvre sur les côtes normandes — falaises battues par le vent, belles embarcations au large — avec une franchise de touche et une vitalité toute marine. Ferdinand du Puigaudeau, figure singulière de la peinture bretonne, transforme les rivages de Batz-sur-Mer en théâtres de lumière — crépuscules flamboyants, reflets miroitants, nuits à peine éclairées où la mer devient rêve. Yvonne Canu, néo-impressionniste héritière de Seurat, dépose sa lumière point par point, comme autant de scintillements sur l'eau et le ciel.
Sept regards, trois siècles, une même obsession : saisir ce que la lumière fait à l'eau, et ce que l'eau fait à la lumière.