Né à Nantes le 4 avril 1864, Ferdinand Loyen du Puigaudeau grandit dans un milieu aisé, ce qui lui permet de voyager et de se former sans passer par le circuit académique traditionnel. Autodidacte, il se passionne très tôt pour la peinture et, dans les années 1880, se rapproche des cercles artistiques de Bretagne.
Ses débuts sont marqués par un intérêt pour les paysages et les scènes de la vie rurale bretonne. Sa rencontre avec des peintres comme Alfred Guillou et Talis Père à Concarneau, puis avec les cercles de Pont-Aven, nourrit sa sensibilité à la lumière et à la couleur. Influencé par l’impressionnisme et par la peinture de plein air, il développe un style personnel où la vibration chromatique traduit les atmosphères changeantes.
En 1889, il voyage en Italie, où il découvre les grands maîtres et affine sa palette. Peu après, il séjourne à Venise : cette expérience marque durablement sa manière, avec un goût pour les reflets, les effets de lumière et la poésie des ciels colorés. De retour en Bretagne, il peint ports, campagnes, et surtout le littoral, multipliant les études de lumières au crépuscule et à l’aube.
Dans les années 1890, il expose à Paris, notamment au Salon des Indépendants, et participe à des expositions à l’étranger. Son oeuvre se distingue par des cadrages audacieux et une attention particulière aux transparences et aux reflets. Il affectionne les silhouettes d’arbres isolés, les rivières miroitantes, les couchers de soleil flamboyants et les scènes nocturnes à la lumière artificielle, en particulier les feux de foire ou les éclairages électriques, encore rares à l’époque. Puigaudeau mène une vie indépendante, parfois en retrait des grands centres artistiques. Installé à Batz-sur-Mer, il trouve dans le paysage breton une source inépuisable de motifs. Sa peinture allie la précision de l’observation à une interprétation poétique, ce qui lui vaut la reconnaissance de collectionneurs avertis.
Il meurt le 19 septembre 1930 à Croisic, laissant une oeuvre où la lumière est toujours le véritable sujet. Ses toiles, rares sur le marché, sont recherchées pour la subtilité de leur touche et la richesse de leur matière, témoignant d’un artiste attaché à la Bretagne mais ouvert aux influences européennes de son temps.